31 mars 2008
Chronique littéraire
L'affaire Chantal Sébire agite une nouvelle fois le bocal de notre société. Chacun trouve son mot à dire, et c'est au premier qui annoncera le plus gravement possible : "Nous sommes tous des Chantal Sébire". Un "pathos gratuit", pour reprendre l'expression judicieuse de Basile de Koch, accessible à tous, puisque tous concernés. Ne souhaitons-nous pas tous mourir dans la dignité ? Oui, à condition que la définition de "dignité", ne corresponde pas à celle des voleurs de mort : la dignité de l'être humain s'arrête selon eux à son désespoir. Désespoir d'avoir à souffrir, désespoir de se savoir mourant, mais de ne pouvoir y échapper, désespoir de n'être qu'humain, soumis aux tribulations des maux de notre humanité. Le désespoir peut être un chemin. Certains ont décidé qu'il s'agissait d'une fin.
Dans la veine de Dino Buzzati, et son humour prophétique, et tous les scénaristes géniaux de "Bienvenue à Gattaca", ou "Equilibrium", qui composent des fictions que les générations futures comprendront à leurs dépends, voici une nouvelle écrite par un auteur à découvrir, nourrie des réflexions issues du drame vécu par Chantal Sébire. Cela aurait pu être elle. Cela pourra nous arriver. A lire, et à diffuser : http://carabas.over-blog.com/article-17935299.html
18:34 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
23 janvier 2008
La vie libre
"A huit semaines, ce ne sont pas des enfants."
"La cour européenne de justice a dit qu'à huit mois et demi, ce ne sont pas des enfants."
(Déclarations entendues sur le plateau de Marc Olivier Fogiel, dans l'émission "T'empêche tout le monde de dormir".)
Virginie Mercier, merci !
Maintenant, je m'adresse au gynécologue obstétricien et à tous vos détracteurs :
Docteur, que déclarons-nous à la Caf avant la quatorzième semaine de grossesse ? Un petit chiot ?
Ignorez-vous ce que nous portons in utéro ? S'agit-il d'un "non-être" ? Nous déclarons "être enceinte". La belle affaire ! Que signifie le fait d'être enceinte, si nous n'attendons rien ? Nous déclarons alors une excroissance ou des kilos supplémentaires...
Et pour la déclaration à la Sécurité Sociale, s'il vous plaît, permettez-nous de noter "date de fabrication".
Vous ne trouvez d'ailleurs pas cela un peu injuste, cette garantie de douze semaines, pour un produit qui n'est même pas assuré, puisqu'il n'existe pas ?
En fait, on vous vend notre projet d'enfant. La prime de naissance est donc une prime de réussite du projet.
Mais de votre côté, bien que vous sachant philanthrope (les Droits de l'homme ont été votés dans une paix célèbre, qui a marqué les Annales ...), nous craignons que vous exigiez certaines garanties de notre part, en tant que concepteurs du projet : avons-nous assez d'argent, sommes nous assez intelligents, sommes-nous guettés par la maladie, sommes nous équilibrés, sommes nous stables, sommes nous exempts de tout handicap (le racisme par exemple) ?
Vous dites aussi que cet enfant n'en est pas un.
Pourtant, il n'est pas muet. Vous avez écouté son coeur battre, vous avez vu ses yeux, vous avez vu et mesuré son crâne.
Pourtant, combien d'entre nous, qui avons eu cette grâce immense d'être mères, se souviennent avoir dressé la liste des prénoms préférés, tenus dans nos mains les petits chaussons en laine, comme une marque extérieure de ce que vous appelez un "non être".
Ce que vous appelez un choix, est en fait un pré-requis, selon lequel l'existence et l'identité d'un enfant se mérite selon un désir, les capacités, ou un projet de la femme. Le père n'y est jamais pour rien.
Dans ce face à face entre un médecin obstétricien et Virginie Mercier, miraculeusement et curieusement permis par la très haute nomenklatura médiatique, nous avons assisté à des tremblements : les tremblements de ceux qui pourtant, ont eu gain de cause il y a trente ans.
Pourquoi trembler pour une loi acquise, maintenue populaire ?
Quel est ce complexe qui fait vaciller l'assurance des leaders pro-Choix les plus ardents ?
Pourquoi cette peur panique du Planning familial, qui nous ressort tous les ans ses angoisses du retour de l'ordre moral, du retour du prince Charmant dans les rêves des jeunes filles, de cette Loi qu'on nous présente comme si elle était encore à débattre ! Il n'y a jamais assez d'avortoirs, les démarches ne vont jamais assez vite, les médecins sont toujours des faiblards qui tardent à aider les jeunes filles en détresse, on ne sait pas trop pourquoi. Pourtant, la Loi fait tout pour vous rassurer : une mineure peut avorter sans l'avis de ses parents, mais ne peut se faire opérer lors d'un voyage scolaire sans leur autorisation. Une jeune fille se fait donc plus facilement avorter, qu'opérer de l'appendicite en vacances à l'étranger. Mais cela ne suffit pas. Les acquis sont fragiles, l'inconscient collectif qui pousse les jeunes à espérer être fidèles lorsqu'ils aiment est tenace !
Comme si la forteresse abortive n'était pas assez bien gardée, Fiametta Venner a osé le grand saut dans ce qu'elle taxe d'"Extrême France". Sous un prétexte sociologique, la numéro deux des leaders Pro-Choix fait patiemment la description étudiée des foyers de l'intégrisme français. ( comprendre Intégrisme = anti avortement). Fascinante fascination pour une petite bande désorganisée et divisée en chapelles, dont on entend jamais parler sur la scène médiatique !
Mais aujourd'hui, lorsque nous voyons trembler un médecin pro-avortement, piqué au vif dans ses propres incertitudes par la passion paisible de Virginie Mercier, avec elle nous crions : trente ans de mensonges, ça suffit !
Ce soir, on nous a dit :"Laissez aux femmes le droit et le choix de choisir ce qui est bon pour elles".
Avec vous, nous répondons :"Femmes : gardez le choix de vivre et de donner ce qui est bon pour tout être humain."
Merci Madame Mercier pour votre courage ! Vous avez porté très haut ce soir les couleurs de la Vie, et nous voulons vous suivre, de plus en plus nombreux, dans ce combat du siècle !
Si la femme est l'avenir de l'homme, l'avortement est mortel pour l'humanité.
Vive la Vie libre !
Néel de Néhou
00:33 Publié dans Défense de la Vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Virginie Mercier, Trente ans ça suffit
22 janvier 2008
L'adoption homosexuelle inéluctable en France
On apprend (malheureusement sans grande surprise) que la France vient d'être condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour avoir refusé l'agrément à une candidate à l'adoption homosexuelle. Pour adopter en France, avant la demande d'adoption en temps que telle, il faut au préalable demander un agrément qui consiste en une enquête sociale visant à déterminer si le candidat est apte tant financièrement que psychologiquement à adopter. Jusqu'alors les juridictions françaises éludaient la question pour les homosexuels estimant qu'il n'est pas dans l'intérêt de l'enfant de donner un tel agrément.
Ce n'est pas la première fois que la CEDH est saisie de cette question, et jusqu'alors elle a estimé que la question ne faisant pas encore consensus, elle préfère laisser "une marge d'appréciation aux États". Sans doute estime-t-elle que c'est le cas actuellement et que de ce fait on peut "sanctionner" les mauvais élèves qui feraient de la résistance à la dégringolade des moeurs en Europe. Toujours est-il que si cela ne force pas la France à prendre des mesures législatives visant à permettre l'adoption par des homosexuels, voire des couples homosexuels, cela empêche les tribunaux de refuser un agrément "en raison de l'orientation sexuelle de l'adoptant". Et l'on voit toute la perversité de la chose. En effet, jusqu'alors, le juge ne le disait pas dans son dispositif, mais par quelques habiletés grammaticales il parvenait à empêcher le désastre. Avec cette nouvelle décision de la Cour strasbourgeoise, un précédent est créé rendant un refus d'agrément à un homosexuel quasiment impossible. Il sera en effet très difficile au juge d'opposer un refus sans être réformé en appel pour discrimination, et l'on peut croire que rapidement le Conseil d'Etat (car les refus d'agréments s'attaquent devant le juge administratif) va entériner ce que les "sages" de la CEDH ont asséné comme étant parole d'Évangile.
Ainsi au final, des couples homosexuels adopteront. Certes un seul ou une seule aura l'autorité parentale, mais dans les faits, il y aura un ou plusieurs enfants déstabilisé(s) parce-que élevé(s) par deux hommes ou deux femmes. Et finalement, une législation sur l'adoption homosexuelle ne ferait que régler le problème de droit, la question de fait étant réglée depuis aujourd'hui.
Cette décision est bien plus grave que le crack boursier de ces derniers jours, car si l'économie se redresse, la loi naturelle quant a elle est infectée durablement et il faudra faire preuve de courage et d'autorité pour revenir sur de pareilles "avancées". Et l'on peut tirer plusieurs enseignements de cette décision:
- Certes le candidat Sarkozy n'avait pas promis l'adoption homosexuelle, mais il permet que nous soyons toujours un peu plus gouvernés par l'Europe, ce qui revient à laisser soit le Conseil de l'Europe (par le biais de la CEDH), soit l'Union européenne décider de ce que doit être la "morale occidentale ou européenne". Et l'on peut se demander si finalement le refus de l'Europe ne finira pas par devenir un quatrième point non négociable.
- Les européens sont de plus en plus complexés, le relativisme ambiant aidé par la peur panique de la "discrimination" fait que l'on ne refuse rien aux lobbyings progressistes. Et l'on assiste à des verrouillages progressifs qui empêchent que le débat ait lieu, la décision d'aujourd'hui étant sans doute l'un des stades ultimes.
- Plus que jamais nous devons rester vigilants, car il deviendra de plus en plus difficile de défendre publiquement ce qu'est la famille naturelle. Et de plus en plus nous devrons nous attendre à ce que des catholiques soient condamnés pour n'avoir fait que rappeler ce qu'ils estiment être la Vérité.
Et comme je le disais après la marche de dimanche, notre premier souci doit être la culture de vie, avant même de penser aux contingences économiques.
Jacques
16:20 Publié dans La culture de mort | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 janvier 2008
Promouvoir la culture de vie impose la patience
Alors que se termine l'édition 2008 de la Marche pour la vie, il est bon de se poser la question de savoir comment promouvoir la culture de vie. Surtout, il est important de se poser la question de savoir quelle est son importance. Aujourd'hui tout le monde s'accorde pour dire que notre pays va mal. Chaque tendance politique tente de proposer le modèle socio-économique qui sortira la France de son marasme. On agite beaucoup d'air sans que des solutions et des effets ne se dégagent réellement. Oh on peut éventuellement entrevoir quelques éphémères victoires, mais qui sont bien souvent conjoncturelles et passagères. En clair il semble bien que lentement mais inexorablement nous allions dans le mur, dans une ambiance de grosse déprime généralisée avec des "tout va mal", c'est la "cata", la planète est malade, la France n'a plus de sous, il n'y a plus de boulot, plus d'artisans. Triste tableau que celui de la France de 2008.
Mais en tant que catholiques et comme nous le rappelle notre Pape, nous devons garder l'espérance. Cette vertu théologale tant marginalisée dans ce monde sans Dieu. Espérance qui cependant ne doit pas être de l'angélisme. Et un constat s'impose: oui nous allons dans le mur, et oui les solutions actuelles ne régleront rien. Car le préalable au redressement de la France est la promotion et la réinstallation de la culture de vie. Rien, aucun montage politico-socio-économique ne pourra tenir sans ce fondement essentiel. Nous ne pourrons espérer mettre fin à ce pessimisme ambiant tant que nous accepterons que nos enfants soient tués dans le sein de leur mère, tant que nous accepterons que nos grand parents soient piqués comme de vulgaire animaux devenus inutiles de par leur faiblesse, tant que nous assouvirons les fantasmes des détraqués en leur montrant à la télé une sexualité vidée d'amour tenant plus de la performance sexuelle et totalement irrespectueuse de ceux qui la pratiquent, tant que nous laisserons nos enfants se détruire avec le "sexe facile", promu par un planning familial qui devient jour après jour l'antichambre de l'enfer, tant que nous laisserons nos gouvernants exploser la famille par des réformes toujours plus libérales du divorce ou par la libéralisation de moeurs débridés.
Donc, oui, la culture de vie retrouvée est le préalable nécessaire et inévitable sans lequel il n'est même pas utile de proposer quoique ce soit. Et je pense que le catholique qui voudrait s'intéresser à la chose politique doit commencer par cela. Et l'on peut regretter la frilosité des partis dits "conservateurs", qui s'ils la défendent plus ou moins ouvertement ne la mette pas en tête de gondole. Personnellement, cela a justifié mon retrait de l'un des deux et ma méfiance pour le deuxième. Et j'en viens au titre même de ce post, nous nous devons d'être patients. Oui il est important de tenter de "prendre" le pouvoir, oui il faut que nos idées arrivent au plus haut niveau. Mais le chemin unique pour y parvenir est de promouvoir la culture de vie avant toute autre réforme. Cela est bien plus important même que le déficit économique. Car pour réformer il faut redonner le sourire au français et pour cela il faut respecter la vie. Et l'on voit ici toute la limite d'entrisme, car il fait fi de ce préalable.
Alors n'ayons pas peur d'être patients, commençons par agir avec humilité comme nous le pouvons, car la Vérité ne reste jamais longtemps sous le boisseau. Et accepter de traiter avec ceux qui promeuvent la culture de mort, et je vise en particulier ceux qui pourrait mettre un espoir quelconque dans l'UMP, cela ne font pas seulement des compromis, mais bien de la compromission. N'ayons pas peur de l'ombre dans laquelle les tenants du politiquement correct nous plongent car c'est de là que jaillira la vraie lumière. Soyons des ambitieux de la culture de vie. Et nous ne pouvons que rendre hommage à tous ceux qui depuis trente ans sont restés fidèles, supportant les critiques, les injures, la calomnie, parfois même de certains d'entre nous. Et je pense tout particulièrement au Professeur Lejeune qui par une vie sans aucun compromis nous a tracé la voie du combat pour la culture de vie.
Jacques
19:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 janvier 2008
Le deuxième fils (III)
Le silence se fit. Paul et Citoyen ne devaient plus se regarder en face. Citoyen s'installa nonchalamment dans le fauteuil Voltaire que République lui tendit. Paul restait interdit. Famille, de son côté, luttait pour ne pas le serrer contre elle. Mais l'humiliation ne faisait que commencer. Ce fut Citoyen qui ouvrit le feu :
"Allons Paul, dis-nous ce que tu étudies avec Famille ? La finance, le commerce, le droit peut-être ?"
Paul répondit timidement : "Non, j'aime étudier l'histoire."
"Mon cher frère, l'histoire est la science des bourgeois, personne ne peut l'étudier, à moins d'avoir un but, comme celui d'éveiller les consciences à la démocratie, ce qui est fait ! Nous avons déjà tout obtenu, tout dit sur l'histoire. Tu sembles confondre l'histoire avec le métier de conservateur de musée."
Paul répondit :
"Si l'histoire devait être un musée, devrions-nous choisir les oeuvres à y exposer ?"
Citoyen éclata d'un rire nerveux : "L'histoire est ce que nous en avons fait, et ce que nous en faisons : un livre d'une mémoire accessible à tous, une mémoire collective, dans une prise de conscience collective." Paul marqua un silence indifférent, lourd de cet abîme qui le séparait manifestement de son frère, puis reprit la parole :
"Pour répondre à ta question, j'aime étudier l'histoire, en ne la définissant pas comme une suite de faits, mais comme l'étude de tous les rouages qui conduisent des hommes tour à tour à construire ou à détruire, selon des buts ou des idéologies auxquelles ce que tu appelles un "éveil à la conscience" n'est pas étranger ..."
15:28 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 décembre 2007
Récidive et délinquance sexuelle
Le Salon Beige nous rapporte une initiative intéressante. Elle nous montre tout d'abord l'exemple édifiant d'une famille catholique qui au plus fort de la douleur nous donne un témoignage de foi, car elle ne tombe pas dans l'abbatement, d'espérance, car elle prend l'initiative et veut être moteur, de charité car à aucun moment nous n'avons pu lire de réactions haineuses venant de l'un de ses membres. Alors merci à vous!
Mais ce qui me retient ici, c'est le projet qui doit être soumis à l'Assemblée concernant la récidive des délinquants sexuels. Certes il est important de soutenir cela et d'en référer à nos députés. Seulement il me parait important de faire un point là-dessus. Notre code pénal, notre procédure pénale regorgent de dispositions en tout genre visant à réprimer plus ou moins fortement des actes que l'unanimité juge odieux. Et cette prolifération rend l'ensemble de notre justice pénale difficile à comprendre pour qui n'y serait pas habitué. Notre procédure "à tiroir" prévoit bon nombre de situations, des incriminations nouvelles fleurissent régulièrement, et le problème reste le même. Alors? A cela on peut répondre de deux manières.
Tout d'abord en restant sur le terrain de la loi. On fait à grand renfort médiatique une réforme par an. Mais elle n'est en général suivie que de peu d'effets. Elle est parfois même pas appliquée par les juges. A quoi bon rétablir les peines plancher, augmenter la répression si c'est pour qu'un juge puisse encore décider (et ce légalement) de ne pas être sévère. Ainsi je crains qu'un nouveau projet n'atteigne pas une nouvelle fois l'effet escompté.
Et cela m'amène à une autre réflexion. La folie révolutionnaire et son idéalisme malsain ont voulu faire de la loi une sorte de talisman grâce auquel "tout peu devenir possible", une sorte de réponse à tous les maux de l'humanité. Et cette utopie révolutionnaire s'appuie sur le reniement des valeurs essentielles. Bref on voit où cela nous même. De plus un autre mal de notre temps est de croire que la loi pénale aura réponse à tout. Or, la loi pénale n'a jamais eu comme vocation première la prévention mais bien la répression. Si certaines mesures peuvent avoir vocation à prévenir ce n'est certainement pas le principe. Rappelons que le droit pénal est là pour réparer un tort causé à l'ordre public, et que ce n'est certainement pas l'occasion pour le gouvernant de jouer sur la corde sensible des électeurs. Ce populisme pénal contribue certainement au manque d'efficacité de notre justice pénale. En fait la réflexion doit se faire en amont. Et c'est sur les "valeurs" de notre société qu'il faut certainement bien plus réfléchir.
En effet, on constate l'augmentation des agressions sexuelles plus ou moins graves voire dramatiques. Or dans le même temps lorsque vous prenez votre bus vous tombez sur une publicités avec une femme peu habillée et à la pause très subjective, vous allez ensuite avec vos enfants au cinéma pour voir le dernier Walt Disney et l'on vous impose des publicité tout aussi tendancieuses (véridique, vécu cette semaine dans un cinéma poitevin). Puis vous surfez sur internet et vous constatez avec quelle facilité la pornographie est à portée de tous (excusez moi de ne pas tester pour vous), lorsque vous voulez louer un DVD une rubrique pornographie et "érotisme" (distinction aussi perverse que tendancieuse) est à libre disposition. Bref on pourrait citer encore bon nombre d'exemples, qui montrent combien la sexualité est pervertie, vidée de son sens premier. On montre à des cerveaux fragiles des spectacles dégradants et indignes, laissant croire que la liberté la plus grande doit exister et que le sexe est un bien de consommation comme un autre. Au nom de ce que l'on croit être la liberté, au nom parfois d'une supposée "expression artistique" on impose au monde un spectacle dégradant et ignoble qui ne peut que contribuer à l'augmentation d'actes tout aussi infects.
Alors oui il faut certainement appuyer l'initiative pénale, car après tout elle permettra peut-être enfin de traiter efficacement la récidive. Mais il ne faut pas s'arrêter là, et multiplier les initiatives pour dénoncer et agir contre cette inflation du porno, car il s'agit là d'une chose dégradante de laquelle aucun bien ne pourra jamais sortir.
Jacques
Voici une initiative intéressante ici
14:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : pornographie, délinquance sexuelle, récidive
05 décembre 2007
Repentance encore et toujours
Notre Président était en Algérie. Suivi de sa horde d'investisseurs soucieux de mettre de l'eau dans son vin pour permettre au CAC 40 d'empocher de précieux contrats. Et là comme tout le monde le prévoyait la repentance fut de mise pour ne pas froisser "l'ami" algérien.
Je ne peux, au passage, oublier les grandes et belles déclarations d'un certain candidat à l'élection présidentielle avec qui "tout devait devenir possible", et en particulier le fait de ne plus tomber dans le piège de la repentance malsaine consistant à regarder avec honte le passé de notre glorieux pays. Ce candidat un fois président semble, la fièvre de la campagne passée, revenir "dans le rang" du politiquement correct.
Ainsi nous avons eu le droit par deux fois à un discours des plus lyriques contre ce qu'il a appelé l'asservissement de la période coloniale. Le candidat de la rupture s'inscrit ainsi dans la droite ligne de son illustre prédécesseur (illustre dans l'art de la flagellation repentante).
Alors soyons logique. Notre Président montre du doigt les excès de la période coloniale. Certes tout n'a pas été rose, car "là où il y a de l'homme il y a de l'hommerie". Il ne faut pas le nier. Mais...
Mais poussons un peu plus loin le raisonnement repentant-bon-teint. Notre "chère" République sur quoi est-elle bâtie? Mais sur les droits de l'homme évidemment quelle question! Et mieux encore nous sommes la PATRIE des droits de l'homme, le phare des démocraties, la bouée des patries égarées! Mais creusons au-delà du discours officiel de nos écoles, car nous sommes repentants. Pouvons nous oublier les morts de Vendée, tous ses femmes, enfants, bébés, vieillards dont le sang a été mêlée à la boue piétinée par les hordes de violeurs en bleus venant apporter dans cette terre hostile à la jeune République la bonne nouvelle des droits de l'homme. Pouvons nous oublier ces prêtres, qui refusant de renier leur foi ont dus se cacher devant cette même jeune République qui les haïssait au plus haut point. Pouvons-nous oublier les persécutions subies par l'Église alors que cette République troisième du nom tentait de lui faire avaler la pilule laïque. Pouvons nous oublier nos enfants tués par millions au nom du droit que la République sénile appel "droit de la femme à disposer de son corps". Pouvons nous oublier cette destruction de la famille au nom de cet individualisme égocentrique terreau des droits de l'homme.
Certes non il est difficile d'oublier tout cela. Oh certes nous savons pardonner, car notre devoir de chrétien nous enseigne la miséricorde, mais nous ne pouvons oublier.
Poursuivons cependant le raisonnement de notre Président et de sa clique de repentants en col blanc. Finalement la colonisation ayant entraîné des exactions elle ne peut être bonne (...sic), et doit donc être condamnée et envoyée dans la géhenne républicaine car définitivement incompatible avec nos droits de l'homme. Mais alors, qu'en est-il de notre République abreuvée du sang des innocents, nourrie de la destruction du droit naturel intangible? Assumez votre raisonnement M. le Président...
Surtout qu'il convient de corriger certaines choses. Je ne suis pas un spécialiste et j'ai lu que bien peu de chose sur le sujet sinon quelques livres bien fais trouvés sur un étagère de Chiré. Mais il me semble que la colonisation a aussi apporté le progrès, la médecine, l'école, des infrastructures, du travail. Que des prêtres ont apporté dans leurs bagages la vraie religion. Oui il y a certainement eu des choses moins belles, mais dues à des individus et non au mouvement général.
Alors relevons la tête car à l'époque nous occupions certes ces terres africaines, mais nous n'avons jamais essayé d'imposer notre culture. Alors qu'aujourd'hui si nous ne sommes plus africains nous leur imposons la démocratie à l'occidentale, c'est à dire cet objet fondé sur l'horreur et le sang des innocents. C'est cela se repentir?
Jacques
16:25 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : colonisation, repentance, sarkozy, algérie
Le deuxième fils (suite)
Quand Paul rencontra Citoyen, se fut sans effusion sinon sans plaisir. Beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts depuis qu'ils s'étaient quitté. Citoyen avait indiscutablement de la prestance, ses habits faits par les meilleurs drapiers mettaient en valeur sa taille et ses épaules, mais il manquait, dans son regard, quelque chose et Paul avait besoin de trouver quoi. La discussion s'installa entre les deux frères, mais à la manière du sillage d'un navire qui brasse le dessus de la mer sans oser entrer dans ses profondeurs.
Qu'est-ce qui les retenait ainsi l'un envers l'autre ? Citoyen avait déjà répondu en pensée : Ce visage à la fois niais et angélique que son frère lui envoyait comme un crachat, c'était tout ce qu'il détestait. Une espèce d'assurance tranquille dans la vie, pire encore ! de l'espérance ! C'est cela : une espérance pitoyable et ridicule qui irradiait de ce petit être grotesque... L'espérance était tout ce que Citoyen détestait. Il savait qu'on espère pas en quelque chose. L'espérance en la vie n'est qu'une autre manière de parler du rêve. On ne peut espérer qu'en quelqu'un, et si cette espérance est générale, si elle remplit la vie, ce n'est plus en quelqu'un qu'on espère c'est en... Non.
Citoyen se refusait absolument à pousser plus loin son raisonnement. C'était insupportable. Si ce... cette... enfin si cela existait, cela remettrait tout en cause... Des comptes seraient à rendre, l'apparence ne suffirait pas. Les reins et les coeurs seraient sondés et non par rapport à la satisfaction que l'on a de soi, mais au regard de ce que l'on a fait pour les autres... En bref, la sacralité du service public un alibi, mais une raison d'être... Non ! Cela, l'âme syndicalisée de Citoyen s'y refusait absolument. Et dans le même temps que son frère pensait cela, Paul, quant à lui, comprenait ce qui manquait dans le regard de Citoyen : la foi.
Cette notion transcendante qui fait que l'on ne vit pas pour rien, qu'on a une raison d'être dans cette vie et au delà... Citoyen était une superbe carcasse, mais une carcasse vide... Devant un tel néant, la peur parut sur le visage de Paul et Famille qui assistait à la scène en retrait et à l'opposée de la pièce par rapport à République, se précipita, aussitôt imitée par sa rivale.
00:15 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 décembre 2007
Humour ou propagande ?
Au cas où les français ne l'auraient pas encore compris, l'enjeu national le plus important du début du siècle, enjeu qui viendrait marquer un nouveau coup après l'instauration des droits de l'Homme, n'est autre que l'euthanasie.
Militer pour le droit à l'euthanasie, est le nouveau cheval de bataille bien vu et relayé par les médias.
Les associations militantes de ce type nous avaient pourtant habitué à plus de finesse dans l'utilisation de la propagande : dramatisant les situations compliquées, exagérant les chiffres de recours à un "droit" hors la loi, proférant des discours dignes de Zola, victimisant les militants ...
Aujourd'hui, les français sont devenus tellement stupides, anesthésiés par des séries de plus en plus violentes, et endormis par une société de consommation de plus en plus dévorante, que point n'est besoin de tous ces grands tralalas, qui après tout, sont bien compliqués à côté du coût et de la rapidité d'un téléfilm ...
Il suffit de le diffuser sur une chaîne nationale, à une heure de grande écoute, et rempli de bons sentiments, de bonnes intentions, et surtout, bien arrosé de larmes et de mélo. Le français, fatigué de sa journée, prendra bien certainement sa télécommande, comme on saisit un viatique contre la médiocrité d'un quotidien bien ennuyeux.
Ainsi, le français, affalé devant sa télévision, est déjà bien préparé, mûr, et rendu disponible aux larmes prépleurées, d'une histoire dont l'ambition est de faire croire à sa réalité.
Un film réaliste, oui. Vincent Hubert aurait pu être ce jeune homme. Marie Humbert aurait pu être cette Maman.
Après tout, on change bien les personnages, pour faire jouer des acteurs professionnels, pourquoi ne pas changer l'histoire ? Il y a des années, les repas familiaux étaient scandés des allégations de Tonton henri, qui disputait avec le neveu en terminale de philo, pour savoir lequel des Dominci avait commis l'affreux crime, le vieux, le fils, la fille, les communistes ? Qu'à cela ne tienne, l'illusion vient au secours de la vérité, et le monde du spectacle, une fois encore, prend soin de nous informer du "vrai de vrai pour de vrai en fait". Ainsi, des millions de téléspectateurs sont aujourd'hui convaincus de l'innocence d'un homme jugé coupable aux Assises. Mais voila, le méchant était un vilain bourgeois, et le sauveur un gentil et sémillant journaliste idéaliste et pas du tout ambitieux pour deux sous.
Un téléfilm donc. mais cela ne suffit pas : aujourd'hui, Le Parisien affiche un encart publicitaire pour l'association du droit à mourir dans la dignité. On sait que les français sont lents, mais tout de même ! Et il a dû coûter cher, cet encart. L'association avait-elle autant besoin de publicité, déçue peut-être que personne n'ait entendu parler de l'accusation pour détournements de fonds d'une de ses directrices administratives ? Non, cela n'est toujours pas suffisant. Il faut aller là où les français vont : là où on leur donne charitablement la parole, par exemple, sur une radio publique ...
Jean-Luc Romero est ainsi interviewé sur Europe 1. Il se réjouit au téléphone, parce que TF1 a osé ce que personne n'avait osé auparavant, diffuser un téléfilm traitant de l'euthanasie, dans un contexte défavorable, et après que Madame Humbert a été souillée deuis plusieurs jours : est-on encore dans le téléfilm, là, à moins qu'il ne parle des légitimes questions soulevées par des spécialistes et des professionnels ayant connu Vincent, convaincus qu'il n'est pas mort dans la dignité ? ... Alors, s'il s'agit d'un geste si osé, si innovant, si courageux, pourquoi rajoute-t-il après, qu'une majorité des français souhaitent la légalisation de l'euthanasie ? Si tel est le cas, on ne voit plus très bien le "courage" de TF1 ...
Après, du point de vue seulement télévisuel, Jean-Luc Romero appelle le téléfilm comme décrivant une "belle histoire". C'est une belle histoire, la mort d'un jeune homme d'une vingtaine d'années reçue par celle qui lui a donné la vie ?
Ensuite, il parle du "geste citoyen" de TF1, et regrette que France Télévision, chaîne publique, n'ait pas assez osé encore en la matière ... pourtant, nous, les français, on peut vous assurer qu'on y a tout vu, tout entendu (il ne faut pas exagérer, on est briffé depuis longtemps avec L'Instit!) !
Parce que nous, les français téléphages, on est peut-être stupides, mais on sait reconnaître une histoire vraie d'une vérité masquée ! D'ailleurs, c'est pour cette raison que personne n'a regardé !
Vous pouvez militer, mais ne choisissez plus les téléfims comme support à votre propagande qui ne nous fait plus rire, ni pleurer d'ailleurs. Rendez-nous Les Experts, on préfère les faux criminels aux meurtriers interprétés en victimes !
Néel de Néhou
15:50 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Vincent Humbert, téléfilm, euthanasie
Le deuxième fils
Un homme avait deux fils. Brisé par la mort de sa femme, survenue après la naissance du cadet, il décida de confier ses enfants à une nourrice. La première s'appelait République, la seconde, Famille. République était une nourrice reconnue, homologuée, tant pour son lait que pour ses talents d'organisation, qui proposaient aux enfants dont elle avait la charge, un panel d'activités d'éveil varié et une grande richesse dans la diversité. Elle n'avait qu'un seul point faible, elle perdait la mémoire. Alors, un jour, elle avait décidé d'appeler tous les enfants dont elle avait la charge par le même prénom : Citoyen. Famille, quant à elle, était une matrone qui chérissait chacun de ses enfants, et qui souffrait de devoir un jour s'en séparer, en les confiant à République qui, seule, avait le pouvoir de poursuivre leur éducation. L'assurance de République lui pesait, mais elle faisait en sorte de préparer au mieux chaque enfant, qu'elle choyait jusqu'au bout.
Le père était ambitieux, c'est pourquoi il confia le fils aîné à République, qui l'accueillit dans un giron, qui même dépoitraillé, n'en perdait sa prestance, et lui conférait même une assurance très au delà de sa condition de nourrice.
Le fils cadet, nommé Paul, se vit confié à Famille, et le père ne manifesta pas plus d'intérêt, que quelques simples cadeaux de temps à autres, lorsque cela était vraiment nécessaire.
Citoyen, l'aîné, grandit dans un palais, bâti de couloirs et corridors interminables : il y avait le couloir du système scolaire, le couloir de la vie civique, le couloir de l'égalité, le couloir de la réussite... Citoyen portait un uniforme aux couleurs préférées de République, qui faisait honneur à la nourrice triomphante. Paul, de son côté, restait un enfant attaché à sa nourrice, et gravissait les marches de l'âge, le regard émerveillé par le monde, la nature, les livres, laissé libre de se nourrir quand il avait faim, et de s'abreuver lorsqu'il avait soif. Son éducation n'était pas aussi diverse que celle de Citoyen, car Famille ne se souciait que du bien être et de sa sécurité, avant de lui proposer d'autres activités, mais cet enfant s'éveillait rapidement sous le regard protecteur de son heureuse maman de substitution.
Un jour, Famille emmena Paul voir son frère, au palais de République. Ils arrivèrent sur une place où des hommes s'étaient rassemblés, et criaient en jetant des pavés sur le beau palais de République. Ils arrivèrent à se faufiler, et pénétrèrent enfin la maison de l'autre nourrice.
Celle-ci arriva plus dépoitraillée que jamais, essouflée, fatiguée, amaigrie, et elle se confondit en excuses entrecoupées de sourires mielleux : "Excusez mes enfants, ils sont devenus taquins depuis quelques temps ... Voila ce qui arrive lorsqu'on leur interdit quelque chose aux enfants ! J'ai renvoyé leur professeur de maintien, qui a commis la bêtise de leur supprimer les bons points en cas de paresse excessive ! On ne surveille jamais assez le personnel ...". Elle s'arrêta pour détailler Paul : "Eh bien mon garçon, te voila bien privilégié avec ton sourire d'Enfant Jésus ! Mais qu'est-ce qui t'a fait un air aussi bêta ?". Famille sentait la colère monter, mais regarda Paul, ébahi devant tant de nouveauté, qui souriait à République."Pouvons-nous lui faire rencontrer son frère ? Nous sommes venus de loin, et le petit est fatigué ...". République maugréa un "fatigué, mais comment peut-on être fatigué lorsqu'on emprunte les chariots mis à disposition par mon service personnel ?". Elle emmena néanmoins Famille et son petit jusqu'au grand frère Citoyen.
Il avait fallu traverser maints et maints couloirs et corridors, gravir des marches et des marches. il y avait bien un ascenseur, qui trônait entre de beaux entrelacs de fer forgé, comme celui des grandes galeries, mais on lisait un panneau où brillaient ces mots en lettres majuscules : "Réservé à la diversité".Famille se dit en elle-même qu'il était presque vide, on aurait pu s'y faufiler, mais soupira en serrant fort Paul dans ses bras.
(suite la prochaine fois ...)
Néel de Néhou
11:10 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : feuilleton, Famille et République

